Recherche de missions : quelles sont les habitudes des intérimaires en 2026 ?
À retenir
Le Baromètre de la confiance des intérimaires Été 2026 d’Enso, réalisé auprès de 2 685 travailleurs temporaires actifs, montre que le contact direct avec l’agence d’emploi reste le principal canal d’accès aux missions. Côté sites d’emploi, France Travail est le plus consulté (51 %), devant Indeed (45 %) et Hellowork (36 %). Les usages varient toutefois fortement selon les secteurs et le niveau de qualification. Par ailleurs, 24 % des intérimaires déclarent que leur CV n’est pas accessible sur les jobboards ou ignorent s’il l’est, ce qui souligne l’intérêt pour les agences de combiner multidiffusion des offres et exploitation de leur propre vivier de candidats.
Comment les intérimaires trouvent-ils aujourd’hui leurs missions ? Quels sites d’emploi consultent-ils ? Et le recours aux jobboards est-il le même dans tous les secteurs ?
Pour son Baromètre Été 2026, Enso a interrogé 2 685 intérimaires actifs afin de décrypter leur parcours, de la recherche de missions au suivi par leur agence d’emploi. L’enquête a été menée en juin 2026 auprès de travailleurs temporaires ayant réalisé au moins une mission au cours des trois mois précédents.
Comment les intérimaires trouvent-ils leurs missions ?
Le premier canal d’accès aux missions reste le contact direct avec l’agence d’emploi.
92 % des intérimaires déclarent être contactés au moins occasionnellement par leur agence pour se voir proposer une mission : 57 % le sont souvent et 35 % parfois. Seuls 8 % indiquent ne jamais être sollicités de cette manière.
La recherche sur les sites d’annonces arrive derrière : 40 % des intérimaires les utilisent souvent et 32 % parfois. Les travailleurs temporaires restent également proactifs auprès de leur agence : 75 % la contactent au moins occasionnellement pour connaître les missions disponibles.
Ces résultats montrent que, même dans un parcours de recrutement de plus en plus digitalisé, la capacité d’une agence à identifier et solliciter rapidement les bons profils reste déterminante.
Quels sites d’emploi les intérimaires consultent-ils le plus ?
Trois plateformes se détachent nettement lorsqu’il s’agit de rechercher une mission d’intérim : France Travail est consulté par 51 % des intérimaires, devant Indeed (45 %) et Hellowork (36 %).
| Site d’emploi | Intérimaires qui l’utilisent | Évolution depuis l’hiver 2024 |
| France Travail | 51 % | +14 points |
| Indeed | 45 % | +7 points |
| Hellowork | 36 % | +16 points |
| 19 % | +4 points | |
| Meteojob | 19 % | +1 point |
Derrière le trio de tête arrivent donc LinkedIn et Meteojob, tous deux consultés par 19 % des répondants.
Le recours aux principaux sites d’emploi a par ailleurs fortement progressé depuis l’hiver 2024. France Travail gagne ainsi 14 points, passant de 37 % à 51 %, tandis que Hellowork progresse de 16 points, de 20 % à 36 %. Indeed passe, lui, de 38 % à 45 %. Cette évolution confirme l’importance pour les agences d’emploi de diffuser leurs offres sur plusieurs plateformes, plutôt que de dépendre d’un seul canal de recrutement.
Les intérimaires utilisent-ils les mêmes canaux selon leur secteur ?
Non, les habitudes de recherche varient sensiblement selon les métiers exercés.
Dans le transport et la logistique, 51 % des intérimaires déclarent rechercher souvent des missions sur un site d’annonces, contre 40 % en moyenne. Cette proportion atteint même 67 % parmi les profils administratifs. À l’inverse, les professionnels du sanitaire et médico-social ont beaucoup moins recours aux jobboards : 52 % déclarent ne jamais rechercher de mission sur un site d’annonces. Ils sont en revanche 63 % à indiquer que leur agence les contacte souvent pour leur proposer directement une mission, et 51 % à consulter régulièrement le site de leur agence.
Ces écarts montrent qu’une stratégie de sourcing efficace ne peut pas être identique pour tous les secteurs. Les agences ont intérêt à adapter leurs canaux de recrutement aux usages des populations qu’elles souhaitent toucher.
Les mêmes jobboards sont-ils utilisés dans tous les secteurs ?
Les principales plateformes restent incontournables, mais leur poids varie fortement d’une activité à l’autre.
Dans l’industrie et le transport-logistique, France Travail est par exemple consulté par 57 % des intérimaires. Indeed atteint 51 % dans le transport-logistique et 49 % dans l’industrie. A contrario, le sanitaire et médico-social se distingue là encore : seuls 32 % des répondants de ce secteur utilisent France Travail, 34 % Indeed et 17 % Hellowork. Les profils administratifs sont, eux, particulièrement présents sur les sites d’emploi : 67 % utilisent Indeed, 62 % France Travail, 57 % Hellowork et 35 % LinkedIn.
Pour une agence, choisir ses canaux de diffusion en fonction des métiers recrutés peut donc permettre de mieux toucher les candidats là où ils recherchent réellement leurs opportunités.
Le niveau d’études influence-t-il les sites d’emploi utilisés ?
Oui, les pratiques diffèrent également en fonction du niveau de diplôme.
Les intérimaires titulaires d’un Bac +5 ou plus ont tendance à davantage diversifier leurs recherches. 56 % consultent Indeed, 51 % Hellowork et 33 % LinkedIn, contre seulement 19 % pour l’ensemble des répondants. Ils sont également beaucoup plus présents sur des plateformes spécialisées : 19 % utilisent l’Apec, contre 2 % en moyenne. Les titulaires d’un CAP ou BEP, eux, s’appuient davantage sur les grandes plateformes généralistes et institutionnelles : 55 % consultent France Travail.
La multidiffusion permet ainsi aux agences de toucher des profils dont les comportements de recherche peuvent être très différents selon leur qualification.
Tous les intérimaires sont-ils visibles sur les jobboards ?
Non, et c’est un point important pour les recruteurs.
Si 76 % des intérimaires indiquent que leur CV est accessible aux recruteurs sur au moins un site d’emploi, 12 % déclarent que ce n’est pas le cas et 12 % ne savent pas si leur profil est visible. Autrement dit, près d’un intérimaire sur quatre n’est pas nécessairement accessible lors d’une recherche effectuée sur les principaux jobboards.
Les plateformes d’emploi sont donc indispensables pour diffuser des offres et acquérir de nouveaux candidats, mais elles ne permettent pas à elles seules d’identifier tous les profils disponibles. Pour les agences, leur propre vivier constitue ainsi une source de candidats complémentaire, à condition qu’il soit correctement qualifié, actualisé et exploité.
Comment améliorer sa stratégie de sourcing en intérim ?
Les résultats du Baromètre Enso mettent en évidence trois leviers complémentaires.
D’abord, maintenir une relation proactive avec son vivier : le contact direct de l’agence reste aujourd’hui le premier moyen par lequel les intérimaires accèdent aux missions.
Ensuite, multiplier les points de contact. France Travail, Indeed, Hellowork, LinkedIn ou encore les sites des agences ne touchent pas exactement les mêmes profils. Une stratégie de sourcing multicanale permet donc d’augmenter la visibilité des offres.
Enfin, mieux exploiter les candidats déjà présents dans sa base. La dépendance exclusive aux jobboards risque de laisser de côté une partie des profils. Un ATS-CRM adapté au recrutement en intérim permet au contraire de centraliser et qualifier son vivier, d’actualiser les informations des candidats et d’identifier plus rapidement les profils pertinents pour une mission.
Les 5 chiffres à retenir
- 92 % des intérimaires sont contactés au moins occasionnellement par leur agence pour recevoir une proposition de mission.
- 51 % consultent France Travail pour trouver leurs missions.
- 45 % utilisent Indeed.
- 36 % utilisent Hellowork.
- 24 % déclarent que leur CV n’est pas accessible sur les sites d’emploi ou ne savent pas s’il l’est.




