Comment Enso a fait de la RSE un levier stratégique collectif : interview croisée entre Lilian Bourse et Steven Corbin

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La RSE s’impose aujourd’hui comme un levier structurant pour les entreprises. Chez Enso, elle ne se limite pas à une série d’initiatives isolées : elle s’inscrit pleinement dans la stratégie du groupe. Dans cette interview croisée, Lilian Bourse et Steven Corbin reviennent sur la manière dont la démarche s’est construite, structurée et intégrée au pilotage global de la société. 

Bonjour, pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter et m’expliquer votre rôle dans la démarche RSE d’Enso ?

 

Lilian Bourse : Bonjour, je suis chargé de mission Qualité, Sécurité, Environnement et RSE chez Enso depuis trois ans. Concrètement, mon rôle est de structurer la démarche RSE du groupe et de la faire vivre au quotidien. Cela passe par la mise en place d’actions, leur suivi et, surtout, la mesure de leur efficacité à travers des indicateurs. Mais je ne suis pas seul, la démarche est portée collectivement par un comité. 

Steven Corbin : Bonjour, je suis Directeur Général Finances, ma mission est de piloter la performance du groupe. Cette performance intègre aussi toute une partie extra-financière, et la RSE en fait pleinement partie. À ce titre, je veille à la cohérence entre notre modèle économique et nos engagements RSE, mais aussi à leur mesure. Parce qu’au final, nous ne pouvons améliorer que ce que nous mesurons correctement.

 

La démarche RSE existe depuis plusieurs années chez Enso. Comment est-elle née ?

 

Lilian Bourse : À l’origine, ce sont des collaborateurs qui se sont emparés du sujet. Des personnes sensibles aux questions de qualité de vie au travail et d’environnement, qui ont eu envie d’agir. Ils ont créé un groupe, Planète Enso, en 2019. C’était basé sur le volontariat et les premières actions ont été mises en place de cette manière.
Progressivement, ces initiatives ont trouvé un écho en interne, mais aussi en externe. Nous avons commencé à recevoir des sollicitations de nos clients, de nos partenaires ou encore de notre banque.
À partir de là, nous avons structuré la démarche. Nous sommes passés d’initiatives spontanées à une organisation plus formalisée

 

Aujourd’hui, quelle place occupe la RSE dans la stratégie d’Enso et comment est-elle pilotée en interne ? 

 

Steven Corbin : Notre stratégie RSE est pleinement intégrée à notre modèle. Ce n’est pas un sujet à part, c’est quelque chose qui fait partie de notre stratégie globale.
Nous retrouvons les trois dimensions classiques, environnementale, sociale et économique. D’abord, notre activité a un impact social fort : nous contribuons au retour à l’emploi via le travail temporaire et l’insertion.
Ensuite, nous sommes une entreprise de services : notre principal actif, ce sont les collaborateurs. Le volet social est donc central.
Enfin, nous évoluons dans un écosystème avec nos clients, nos partenaires et nos fournisseurs, donc il y a aussi un enjeu de cohérence globale dans tout ce que nous faisons. Chaque entreprise contribue à une chaîne de valeur, et pour les plus grands clients d’Enso qui se sont donnés des objectifs RSE ambitieux, nos résultats en matière de RSE délivrent une valeur complémentaire à leur bénéfice.

Lilian Bourse : Pour que tout cela fonctionne, il faut une organisation derrière. Comme je le disais précédemment, nous avons un comité RSE, composé de différents membres ayant des compétences clés, et représentant la variété des services internes du groupe. En parallèle, nous travaillons à la mise en place d’un comité d’ambassadeurs. Le but est d’impliquer davantage les collaborateurs volontaires, et de faire en sorte que la RSE soit vécue au quotidien, sur le terrain.

 

En 2024, Enso a obtenu le label « Engagé RSE » de l’AFNOR. Qu’est-ce que cela représente et implique pour l’entreprise ? 

 

Lilian Bourse : C’est avant tout une reconnaissance du travail réalisé. Nous avons été évalués pendant quatre jours. Cela nous a permis d’avoir un regard objectif sur nos pratiques. Nous avons obtenu le niveau « Progression », qui correspondait à notre objectif initial. Mais ce n’est qu’une étape. L’intérêt du label, c’est surtout la dynamique d’amélioration continue.

Steven Corbin : Ce label renforce également notre crédibilité auprès de nos parties prenantes. Il ne suffit plus d’afficher ses engagements : il faut les démontrer. Ce label en est une preuve. L’objectif maintenant, c’est de franchir un nouveau cap dans les 18 prochains mois, en allant encore plus loin dans notre niveau d’exigence sur la certification Engagé RSE et en obtenant le statut « Engagé RSE – Confirmé ».

 

Concrètement, quelles actions avez-vous mises en place sur le plan environnemental ?

 

Lilian Bourse : Nous travaillons notamment sur la gestion des déchets. Par exemple, depuis plusieurs années, nous avons mis en place un partenariat avec le groupe Schroll, un acteur local spécialisé dans la récupération des déchets. Cela nous permet aujourd’hui de revaloriser 100 % de nos papiers, plastiques, cartons, aciers et verres. Nos biodéchets, eux, sont collectés par Colmar Agglomération, qui les méthanise pour produire de l’électricité et chauffer certains bâtiments.
Nous avançons également sur le réemploi en interne, pour limiter ce que nous jetons, et sur la réduction de notre consommation énergétique sur site. Ce sont des sujets assez concrets, très opérationnels et, surtout, qui s’inscrivent dans le temps. 

Steven Corbin : Nous avons également pris des décisions structurantes, comme le passage à une flotte de véhicules 100 % électriques.
De manière plus globale, nous intégrons désormais la question de l’impact environnemental dans nos prises de décision, au même titre que le coût ou la qualité. À titre d’exemple c’est une dimension que nous considérons pour le choix de nos partenaires d’Intelligence Artificielle.  

 

Comment sensibilisez-vous les collaborateurs aux enjeux RSE ?

Action_RSE_Enso
Réalisation de la Fresque du Climat en mars 2025

 

Lilian Bourse : Nous utilisons plusieurs leviers pour sensibiliser les équipes. Il y a d’abord des formats assez classiques, comme la communication interne, via des mails ou des canaux dédiés.
Mais nous essayons surtout de développer des formats plus engageants. Nous organisons par exemple des ateliers thématiques, souvent en lien avec des temps forts comme la Journée de la Terre ou celle du recyclage, pour donner du concret et créer des moments d’échange. Nous proposons aussi des temps de formation pour aller un peu plus loin sur certains sujets.
En 2025, nous avons par exemple déployé la Fresque du Climat auprès de nos collaborateurs. Par groupes d’une dizaine de personnes, ils ont pu comprendre les liens entre les causes et les effets du changement climatique, de manière à la fois ludique et pédagogique. Cela leur a aussi permis de réfléchir à des actions.
L’idée, au final, c’est vraiment de rendre ces sujets accessibles et concrets, pour que chacun puisse s’en saisir au quotidien.

 

 

Au niveau local, comment cette démarche se concrétise-t-elle ?

 

Steven Corbin : Elle se traduit notamment dans notre relation avec nos fournisseurs. Nous accordons une attention particulière à nos partenaires locaux, par exemple en réduisant les délais de paiement, parfois jusqu’à un paiement immédiat. C’est une manière simple, mais très concrète, de soutenir l’économie locale.

 

Pour conclure, qu’aimeriez-vous que l’on retienne de la démarche RSE d’Enso ?

 

Steven Corbin : Notre démarche RSE est à l’image d’Enso, innovante et structurée, et portée par des collaborateurs exceptionnels. Déjà certifiés et efficaces par rapport aux comparables de notre industrie, nous visons encore plus haut dans les années à venir. 

Lilian Bourse : Par son histoire et son évolution, notre démarche RSE s’est construite avec une vraie conviction d’aller au-delà de l’aspect économique. Nous ne prétendons pas être parfaits, mais nous avons la volonté d’améliorer notre impact positif en intégrant au mieux les enjeux RSE dans notre stratégie. À l’heure actuelle, cela prend toute son importance compte tenu des défis sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face. Il est essentiel de ne pas reculer sur nos progrès mais au contraire d’avancer et de faire preuve d’exemplarité, c’est ce que nous faisons aujourd’hui.

 

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