De la donnée passive à la performance : comment Enso, avec sa solution clicNwork, réinvente le recrutement en intérim grâce à l’IA

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Dans un secteur de l’intérim où les agences d’emploi jonglent chaque jour entre pénurie de candidats, volatilité des disponibilités et marges sous pression, la donnée est devenue un enjeu stratégique. Pourtant, des milliers de CV dorment encore dans les bases des agences. C’est de ce constat qu’est né clicNwork, un ATS-CRM candidat pensé pour réactiver les viviers de candidats et transformer la data en performance opérationnelle, grâce à une IA et une approche centrée sur les enjeux métier.

Pour comprendre comment cette solution accompagne la transformation des agences d’emploi, nous avons interviewé Julien Artigue, son cofondateur et Directeur ATS d’Enso. Dans cet entretien exclusif, il revient sur la naissance de clicNwork, son acquisition par Enso, et les principaux défis du recrutement intérimaire.

 

Bonjour Julien, pouvez-vous revenir sur la genèse de clicNwork, s’il vous plaît ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer cette solution ?

 

Julien Artigue : J’ai travaillé pendant plus de douze ans dans un grand groupe d’intérim et de recrutement, et c’est là qu’est née l’idée de clicNwork. Chaque jour, je constatais la même chose : les agences accumulaient une tonne de CV, mais faute d’outils adaptés, les données n’étaient pas réellement exploitées. Elles devenaient inertes, alors qu’elles représentaient une richesse immense.

En parallèle, les équipes dépensaient beaucoup d’argent et de temps pour sourcer des candidats, publier des annonces, traiter des candidatures… alors qu’elles étaient déjà toutes ou presque dans leur base. C’était un vrai paradoxe : il fallait souvent repartir de zéro alors que nous possédions déjà la matière première. 

Malheureusement, ce constat est encore prégnant dans les agences d’emploi. En moyenne, 80 % des candidats dans les bases sont inactifs, et seuls 3 à 4 % génèrent réellement du business. Neuf fois sur dix, un recruteur préfère republier une annonce plutôt que d’utiliser sa propre data. Je trouve cela aberrant. Cette frustration est à l’origine de clicNwork, que j’ai cofondé avec Anne-France Fournier et Grégory Coustou en 2021.

 

Quels ont été les premiers retours des agences d’emploi quand vous leur avez présenté clicNwork ?

 

Julien Artigue : Les retours ont été très positifs dès le départ. Bien sûr, la solution n’avait pas encore le niveau de maturité qu’elle a aujourd’hui, mais elle répondait déjà à un vrai besoin terrain.

Notre première innovation, c’était l’animation de la base candidats via nos chatbots. Et ça a tout de suite fait mouche. Les recruteurs se sont reconnus dans la problématique que nous adressions : la difficulté à maintenir le lien avec des viviers de candidats. Quand ils ont vu que notre outil pouvait réactiver ces bases automatiquement, sans effort supplémentaire, ils ont tout de suite compris la valeur ajoutée.

Nous avons simplement mis le doigt sur une problématique universelle : la data passive. Et le fait d’apporter une solution concrète et actionnable a suffi à les convaincre, même à une époque où le produit n’était pas encore aussi complet qu’aujourd’hui.

 

En quelques mots, comment décririez-vous la mission de clicNwork ?

 

Julien Artigue : Depuis le départ, notre mission est claire : aider les agences d’emploi à exploiter pleinement leur base candidats. clicNwork n’est pas un énième ATS, mais un copilote intelligent, à la fois CRM candidat, moteur de matching prédictif et plateforme d’automatisation RH.

 

Concernant le recrutement, quels sont aujourd’hui les plus grands défis auxquels font face les agences d’emploi ?

 

Julien Artigue : Le vrai défi, c’est d’aller vite sans perdre en pertinence. Les agences évoluent dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de volatilité extrême : les disponibilités changent d’une semaine à l’autre, certains candidats ne se présentent pas en mission, et les métiers en tension se multiplient. Dans ce contexte, il faut être capable d’identifier, d’activer et d’engager le bon profil avant tout le monde.

Mais la vitesse ne suffit pas. Il faut aussi offrir une expérience candidat irréprochable, parce que l’intérimaire est le premier client de l’agence. Maintenir un lien constant, reconnaître son engagement, lui proposer les bonnes missions au bon moment : c’est devenu indispensable pour fidéliser dans la durée.

Il y a également la réalité des bases de données : des milliers de CV éparpillés et peu exploitables. Beaucoup d’outils misent sur la quantité plutôt que sur la qualité. Avec clicNwork, nous avons choisi une autre approche.

Quand une agence intègre notre solution, nous parlons souvent de « petit déménagement ». Pour elle, c’est l’occasion de faire du tri, de remettre de l’ordre dans sa base et de repartir sur des données réellement utiles. Nous segmentons ensuite le vivier : les candidats qualifiés disponibles immédiatement ; les archivés, qui pourront être réactivés plus tard ; et les nouvelles candidatures, qui doivent être validées avant d’intégrer la base qualifiée. Avec cette approche, le recruteur ne navigue plus dans un océan de CV. Il travaille sur des profils connus, actualisés et activables. Il gagne en vitesse, en pertinence et renforce aussi l’expérience candidat.

 

On parle beaucoup de la difficulté à fidéliser les travailleurs temporaires : comment les agences peuvent-elles mieux entretenir le lien avec leurs intérimaires ?

 

Julien Artigue : Cela passe par de l’écoute, de la reconnaissance et, surtout, de la continuité dans les missions. Le problème, c’est qu’une agence vit à cent à l’heure : les priorités changent, les imprévus s’enchaînent et il devient difficile de garder un contact régulier avec chaque intérimaire. Pourtant, c’est justement là que tout se joue. Maintenir le lien, ce n’est pas multiplier les appels, mais communiquer de façon ciblée et utile.

Avec clicNwork, nous aidons les agences à automatiser cette relation sans la déshumaniser. Grâce à nos outils de communication personnalisée (SMS, email, et bientôt WhatsApp), elles peuvent adapter leurs messages selon le métier, les disponibilités ou les préférences des intérimaires. Le matching intelligent permet de proposer la bonne mission au bon moment, et ça change tout.

Nous permettons aussi aux recruteurs d’enregistrer un retour de mission, accompagné de commentaires. C’est un premier pas vers un suivi plus qualitatif, qui pourra ensuite évoluer vers d’autres formes de feedback ou de reconnaissance.

Enfin, fidéliser, c’est aussi accompagner les travailleurs temporaires dans leur progression. Les aider à se former, à obtenir des certifications courtes, à accéder à des missions mieux rémunérées : c’est une forme de valorisation très concrète, et un vrai levier de fidélité dans la durée.

 

Qu’est-ce qui fait, selon vous, la différence entre une agence qui fidélise et une agence qui perd ses intérimaires ?

 

Julien Artigue : La différence se joue souvent sur trois choses : la proactivité, la régularité et la capacité à tenir ses engagements.

Une agence proactive ne se contente pas d’appeler ses intérimaires quand un besoin tombe. Elle anticipe, elle relance, elle nourrit la relation même en dehors des périodes de mission. C’est cette constance qui crée de la confiance.

Il y a aussi la manière d’exploiter la donnée. Une agence qui fidélise, c’est une agence qui s’appuie sur une base vivante : des candidats identifiés, mis à jour et suivis dans le temps. À l’inverse, une CVthèque figée, c’est un peu comme une boîte noire : elle contient de la valeur, mais personne n’en tire vraiment parti.

Enfin, il y a la vision du parcours. Les agences qui réussissent à fidéliser offrent une continuité : elles donnent de la visibilité sur les prochaines missions, elles accompagnent la progression du candidat, là où d’autres se contentent d’une approche « one shot », purement opportuniste.

C’est tout l’esprit de la solution clicNwork : aider les agences à animer leur base, à anticiper les besoins et à construire une relation durable, fondée sur la confiance et la reconnaissance.

 

Vous avez convaincu plus de 200 agences en quelques années : qu’est-ce qui, d’après vous, a fait la différence ?

 

Julien Artigue : Notre « why » est simple : la réussite de nos clients. La plateforme clicNwork a été construite main dans la main avec les équipes terrain, pour répondre à leurs besoins concrets, pas à une vision théorique du recrutement.

Je dirais que trois leviers expliquent notre croissance. D’abord, une approche centrée utilisateur : nous écoutons, nous itérons vite, nous livrons des gains tangibles dès les premières semaines, comme l’activation de la base, les automatisations prêtes à l’emploi et des viviers réutilisables immédiatement. Ensuite, une mise en œuvre légère : clicNwork s’intègre facilement à l’existant (ERP, application mobile des clients…), sans migration lourde, avec un Time to Value très court. Et enfin, un accompagnement dédié : un support réactif, des bonnes pratiques packagées et un vrai travail sur la gouvernance des données et la conformité.

Mais au-delà de ça, ce qui fait la différence, c’est que clicNwork est un outil opérationnel. Il transforme des CV passifs en opportunités business. Je pense notamment à un client qui utilise notre module de proposition active. L’idée est simple : quand un intérimaire est disponible mais qu’il n’y a pas de commande en face, l’agence peut quand même le proposer à un client ou à un prospect, pour susciter un besoin, et cela fonctionne. Ce client, qui compte une soixantaine d’agences, m’a récemment confié qu’en un seul mois de juin, il avait généré autant de propositions actives qu’en une année complète avec son ancien outil, avec à la clé 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 800 000 auparavant à volume équivalent. C’est typiquement le genre de KPI qui montre que quand la data devient actionnable, elle génère du business.

 

 

Justement, cette capacité à activer la donnée repose en grande partie sur l’Intelligence Artificielle. Quel rôle joue l’IA dans la solution clicNwork ?

 

Julien Artigue : C’est exact, l’IA est au cœur de notre approche, mais elle n’est pas un gadget : c’est une IA métier, pensée pour les usages du quotidien, et ce depuis la création de clicNwork. En effet, dès 2021, j’étais convaincu que ce serait un vrai sujet. À l’époque, les agences de travail temporaire commençaient tout juste à se digitaliser. L’arrivée des pure players a un peu bousculé le marché, et beaucoup d’acteurs traditionnels se sont rendu compte qu’ils avaient pris du retard. Nous sommes donc arrivés au bon moment, avec une approche très terrain : digitaliser les process, valoriser la donnée et, surtout, la rendre exploitable et rentable.

L’IA de clicNwork a trois grandes fonctions. D’abord, trouver et prioriser : elle analyse les données des candidats et les disponibilités en temps réel pour cibler les bons profils au bon moment. Ensuite, activer et automatiser : notre copilote intelligent orchestre des séquences et des relances via le chatbot CRM, qui remet la marque employeur devant le candidat, avant, pendant et après la mission. Le chatbot récupère les informations, met à jour la base automatiquement, et permet de réactiver les intérimaires sans double saisie. Enfin, intégrer et scaler : grâce à notre interopérabilité et à notre architecture multi-agences, les capacités de notre IA s’intègrent naturellement dans les outils et les process existants, sans friction.

Et surtout, l’IA reste explicable et contrôlable. Elle n’a pas vocation à remplacer les recruteurs, mais à renforcer leur efficacité, la pertinence de leurs choix et la qualité du lien avec les intérimaires.

 

Quelles nouvelles innovations liées à l’IA prévoyez-vous de déployer prochainement ?

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Julien Artigue : Nous travaillons sur plusieurs innovations autour de l’IA, toujours avec la même logique : simplifier le quotidien des recruteurs et enrichir la donnée.

La première concerne l’aide à la création d’offres d’emploi. Nous développons ce qu’on appelle du machine learning : l’IA apprend progressivement de la manière dont chaque utilisateur rédige ses offres pour proposer des modèles toujours plus pertinents. Les recruteurs pourront aussi y intégrer des fiches de poste afin d’enrichir automatiquement leur contenu. 

La deuxième évolution touche à ce que nous appelons la concordance entre une candidature et une offre. L’idée, c’est d’améliorer la correspondance entre profils et missions.

Enfin, nous faisons évoluer la partie CRM client car, dans le travail temporaire, il y a toujours deux publics : les candidats et les entreprises utilisatrices. Nous enrichissons donc les fiches clients avec des informations utiles comme la description de la société, les recrutements en cours, les interlocuteurs clés ou encore les dirigeants. Tout cela permet aux équipes en agence de mieux cibler leurs actions commerciales et de gagner en efficacité.

 

 

2025 semble être une année charnière pour la solution clicNwork, non seulement d’un point de vue technologique mais aussi stratégique, en particulier avec le rapprochement avec Enso. Comment cette aventure a-t-elle démarré, et qu’est-ce qu’elle représente pour vous ?

 

Julien Artigue : Enso a été notre partenaire dès le tout début de l’aventure clicNwork. Nous avons bâti beaucoup de choses ensemble, au plus près des besoins du terrain. Le rapprochement s’est donc fait très naturellement : la relation de confiance existait déjà, et nos ambitions étaient complémentaires.

Enso a cette puissance d’exécution et cette capacité à passer à l’échelle. De notre côté, nous apportons notre expertise du marché de l’intérim et un copilote IA, pensé pour rendre les viviers plus actifs et améliorer la performance des équipes en agence. 

En combinant cette histoire commune et l’ambition d’Enso, nous accélérons naturellement. Pour nos équipes comme pour nos clients, c’est une continuité plus qu’une rupture, et surtout, une opportunité d’aller encore plus loin dans la valeur que nous créons ensemble.

 

À quoi peuvent s’attendre les clients actuels de la plateforme clicNwork dans les prochains mois ?

 

Julien Artigue : Avant tout, à de la continuité. Les équipes, les interlocuteurs et la qualité du support restent les mêmes : c’était essentiel pour nous. Mais ils peuvent aussi s’attendre à du concret, notamment sur le plan technologique.

Grâce à l’intégration avec Enso, nous travaillons sur une synchronisation bidirectionnelle en temps réel de l’ensemble de la chaîne de valeur : candidats, documents, clients, contacts et commandes. L’idée, c’est d’offrir une vision fluide et cohérente de bout en bout, sans double saisie ni perte d’information. Nous allons également renforcer la multidiffusion et intégrer de nouveaux partenaires natifs dans l’outil, comme Noota ou WhatsApp, pour simplifier encore la communication et les échanges.

Notre objectif reste le même : apporter plus de valeur, plus vite, tout en restant connectés aux outils déjà utilisés par nos clients.

 

Enfin, si vous deviez résumer en une phrase votre ambition commune avec Enso, quelle serait-elle ?

 

Julien Artigue : C’est de couvrir l’ensemble du cycle de l’intérim, du vivier de candidats (ATS) à la gestion opérationnelle (ERP), avec un copilote IA capable de transformer chaque donnée en performance et, très concrètement, en chiffre d’affaires.

 

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