Découvrez la nouvelle plateforme de digitalisation d’Enso pour sécuriser et fluidifier vos transactions. Interview avec Jean-Baptiste Laval, Directeur Général d’Enso

Temps de lecture : 14 minutes

Jean_Baptiste_Laval_Interview_EnspSaviez-vous que 1 Français sur 10 reconnaît avoir déjà utilisé un faux document, avec un taux de réussite de 73 % (1) ? 

Un chiffre qui illustre l’ampleur des risques liés à la falsification documentaire. Et dans des secteurs comme le travail temporaire, où les agences manipulent quotidiennement un grand volume de contrats, de justificatifs et de pièces administratives, la question de l’intégrité et de la traçabilité des transactions est centrale.

Face à ces enjeux, les agences ne cherchent plus seulement à dématérialiser leurs documents, mais à digitaliser, sécuriser et archiver l’ensemble de leurs flux et processus. C’est également une demande des intérimaires, puisque 62 % d’entre eux préfèrent recevoir leurs bulletins de paie dans un coffre-fort électronique (2)

Pour répondre à ces nouveaux besoins, Enso fait évoluer son offre Armado en proposant une plateforme de digitalisation 360°, intégrant plusieurs nouveautés majeures : le scellement automatique, le coffre-fort électronique avec archivage à valeur probatoire et l’automatisation avancée des processus de relances

Dans cet entretien exclusif, Jean-Baptiste Laval, Directeur Général du Groupe Enso, revient sur les mutations technologiques du secteur de l’intérim et explique comment la digitalisation permet à la fois de renforcer la sécurité des processus et de simplifier le quotidien des équipes.

 

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle chez Enso ?

 

Bonjour, mon rôle chez Enso est très orienté produit et stratégie. Je travaille sur la manière dont nos solutions doivent évoluer pour répondre aux besoins des agences d’emploi. Cela passe par la définition de notre stratégie produit, mais aussi par l’identification des innovations et des partenaires capables d’enrichir notre écosystème.

L’ambition d’Enso est de proposer une plateforme de digitalisation complète capable d’accompagner les agences sur l’ensemble de leurs opérations, depuis la gestion du back-office jusqu’au pilotage et la sécurisation de leurs flux.

 

Si nous nous focalisons sur la gestion des flux documentaires, les attentes des agences d’intérim ont beaucoup évolué ces dernières années. Qu’est-ce qui a changé et comment expliquez-vous cette évolution ?

 

Pendant longtemps, l’objectif principal était de dématérialiser les documents, c’est-à-dire de remplacer le papier par des fichiers numériques afin de les transmettre et de les stocker plus facilement. Le document était central, mais tout ce qui l’entourait restait relativement limité. 

Mais aujourd’hui, ce n’est plus suffisant. Nous sommes déjà entrés dans une nouvelle phase, celle de la digitalisation. Les agences souhaitent des solutions capables de sécuriser toutes leurs transactions, de garantir leur conformité réglementaire et d’automatiser leur gestion. Nous sommes donc passés d’une logique de dématérialisation des documents à une logique de digitalisation des processus et de transactions sécurisées.

Un document n’est plus simplement envoyé ou classé. Il s’inscrit dans un processus complet : génération par l’ERP, ajout de métadonnées, notifications automatiques, signature électronique, archivage sécurisé et conservation du chemin de preuve.

Nous pouvons comparer cela à la différence entre une lettre simple et un courrier recommandé avec accusé de réception. Le document existe toujours, mais ce qui fait la différence, c’est l’ensemble du dispositif qui garantit sa traçabilité et sa valeur juridique.

Dans le travail temporaire, cette logique est encore plus importante en raison de la relation tripartite entre l’agence, l’entreprise utilisatrice et le travailleur temporaire. Une même mission peut déclencher plusieurs échanges. Par exemple, un relevé d’heures peut être saisi par l’intérimaire, validé par l’entreprise utilisatrice, puis transmis à l’agence pour traitement. Cette complexité rend indispensable l’adoption d’une solution capable d’orchestrer et de sécuriser l’ensemble de ces transactions. D’ailleurs, les volumes traités illustrent bien cet enjeu : en 2025, plus de 7,8 millions de relevés d’heures ont été créés via notre plateforme.

 

Dans ce contexte, en quoi le cadre réglementaire et les enjeux de sécurité jouent-ils un rôle clé ?

 

Le cadre juridique s’est progressivement renforcé ces dernières années, notamment avec l’adoption de textes européens comme le nouveau règlement eIDAS 2.0 en mai 2024, qui redessine le cadre européen des services de confiance numériques. Ce qui relevait auparavant d’un cadre réglementaire abstrait est désormais devenu un usage courant.

Parallèlement, la question de la sécurité s’est imposée comme un enjeu central. Nous travaillons tous dans des environnements très connectés : smartphones, accès à distance, plateformes multiples, identifiants et mots de passe utilisés sur différents services. Cette multiplication des accès crée aussi de nouveaux risques, notamment en matière de fraude à l’identité ou de compromission de comptes.

Il y a une véritable prise de conscience chez les agences d’intérim sur l’importance de sécuriser les accès et les données. Je rappelle que 47 % des entreprises interrogées par le CESIN ont déclaré avoir subi au moins une cyberattaque en 2024 (3).

 

Comment Enso s’inscrit-il dans cette nouvelle logique de digitalisation et de transactions sécurisées ? 

 

C’est un sujet sur lequel nous travaillons depuis longtemps. Par exemple, nous avons renforcé la sécurité des accès grâce au SSO ou à la double authentification

Nous avons aussi fait le choix de renforcer notre expertise en la matière en intégrant Coffreo au sein du Groupe Enso. Coffreo apporte une expertise reconnue dans le domaine du coffre-fort numérique avec archivage à valeur probatoire, conforme à la norme NF Z42-020 et contrôlé régulièrement par des audits indépendants. En réunissant les expertises des deux organisations, nous avons pu combiner le meilleur des deux approches.

Les clients de chaque entité bénéficieront tous d’améliorations développées par les équipes de l’autre. 

Tous les clients du Groupe peuvent désormais bénéficier d’un périmètre fonctionnel très avancé, et ce de deux manières différentes : soit directement intégré à la suite Enso pour les agences qui utilisent notre ERP, soit connecté à un autre ERP pour les utilisateurs de la solution Coffreo.

 

Avec cette plateforme de digitalisation des transactions, quelle est l’ambition d’Enso pour les agences d’intérim ?

 

Notre ambition est de permettre aux agences de se concentrer sur leur véritable valeur ajoutée, c’est-à-dire l’humain.

Les tâches administratives sont indispensables, mais elles ne doivent pas devenir un frein ou une source de complexité.

Le rôle d’une plateforme comme la nôtre est justement de rendre tout cela plus simple, plus fluide et plus sécurisé.

En digitalisant leurs transactions, nous permettons aux équipes en agence de gagner du temps, de réduire les risques juridiques et de se consacrer davantage à ce qui fait la différence dans leur métier : la relation avec les intérimaires et les entreprises utilisatrices. 

 

Transactions_sécurisées_Enso_2025

 

Cette ambition se traduit par trois avancées majeures : 

  • le scellement automatique des documents ;
  • le coffre-fort électronique avec archivage à valeur probatoire ;
  • l’automatisation avancée du processus de relances.

 

Si nous nous arrêtons sur la première innovation, le scellement automatique, pourquoi était-il important de l’intégrer à cette nouvelle offre et qu’est-ce que cela change concrètement pour les agences ?

 

Dans l’intérim, un document n’est pas juste un fichier : c’est une pièce engageante, qui peut être mobilisée en cas de contrôle, de litige ou simplement pour prouver qu’une étape a bien été réalisée.

Le scellement automatique répond à un besoin précis : garantir l’intégrité du document dans le temps. Dès qu’un document est déposé dans la plateforme, il est automatiquement « figé ». Cela signifie qu’il devient inaltérable : il ne peut plus être modifié, et son authenticité peut être démontrée à tout moment.

Cet enjeu est d’autant plus important que les risques de fraude existent. Selon une étude de L’Observatoire Tessi de la fraude documentaire, les pertes financières liées à la fraude documentaire dépassent désormais 65 milliards d’euros par an, soit 2,5 % du PIB national (4).

Dans un secteur comme l’intérim, où de nombreux justificatifs sont échangés entre les agences, les intérimaires et les entreprises utilisatrices, il est donc essentiel de pouvoir garantir l’intégrité des échanges.

 

Garantir l’intégrité d’une transaction est une étape essentielle, mais comment s’assurer qu’elle conserve sa valeur juridique dans le temps ?

 

C’est précisément le rôle du coffre-fort électronique avec archivage à valeur probatoire, conforme à la norme NF Z42-020. Concrètement, cela signifie que les documents sont conservés dans des conditions qui garantissent leur intégrité, leur traçabilité et leur pérennité.

Chaque action réalisée, comme une consultation ou un téléchargement, est enregistrée dans des journaux de traces appelés logs. Ces logs sont chaînés et automatiquement scellés, ce qui empêche toute modification a posteriori et garantit leur inaltérabilité. L’ensemble de ces données constitue ce que l’on appelle un chemin de preuve, qui permet de reconstituer l’historique complet d’une transaction et de démontrer son authenticité.

Dans le cas d’une signature électronique, ces informations sont regroupées dans un dossier de preuve : un fichier qui retrace l’ensemble du processus de signature (horodatage, identité des signataires, enchaînement des signatures), par exemple pour un contrat de mise à disposition ou un contrat de mission. En cas de contrôle ou de contestation, ce dossier permet aux agences de démontrer de manière très concrète que le contrat a bien été transmis, consulté et signé dans les conditions prévues.

Par ailleurs, nous proposons à nos clients employeurs de conserver leurs transactions dans la durée, afin de sécuriser leurs droits comme ceux des salariés.

 

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Dans l’intérim, les litiges sont parfois liés au respect des délais de signature des contrats. Comment la nouvelle offre d’Enso aide-t-elle les agences à sécuriser ces délais ?

 

En effet, la gestion des délais est un sujet particulièrement sensible. Par exemple, un contrat de mission doit être transmis et signé dans un délai de deux jours ouvrables après le début de la mission. Si ce délai n’est pas respecté, les conséquences peuvent être importantes pour l’agence. Dans certains cas, cela peut conduire à une requalification du contrat de mission en CDI.

L’automatisation avancée du processus de relances permet justement d’aider les agences à respecter ces délais. Lorsqu’une transaction nécessite une signature électronique, notre plateforme envoie automatiquement des notifications aux travailleurs par SMS, qui reste l’un des canaux les plus efficaces pour toucher rapidement les intérimaires qui ont pratiquement tous un smartphone sur eux en permanence.

Cela permet de réduire les relances manuelles pour les équipes en agence, tout en améliorant la réactivité des intérimaires et le taux de signature. Cette automatisation permet d’atteindre des taux de signature pouvant dépasser les 90 %.

Pour aller encore plus loin dans l’amélioration de la réactivité des intérimaires et la sécurisation des délais de signature, nous proposerons très prochainement un support disponible 24/7, dédié aux travailleurs temporaires.

L’objectif est double. D’une part, leur offrir une assistance lorsqu’ils rencontrent une difficulté, qu’il s’agisse d’accéder à leurs contrats, de réinitialiser leur mot de passe ou de comprendre une notification. D’autre part, soulager les équipes en agence en prenant en charge les demandes les plus courantes.

Cette approche s’inscrit pleinement dans notre vision : proposer une expérience fluide, sécurisée et accessible à tous les utilisateurs, y compris les intérimaires, qui sont au cœur des échanges.

 

Les équipes en agence sont soumises à de plus en plus d’obligations réglementaires. Nous le voyons avec la réforme de la facturation électronique. Comment Enso anticipe-t-il cette évolution ?

 

La généralisation de la facture électronique va en effet obliger toutes les entreprises à structurer et sécuriser davantage leurs flux.

Même si la facture électronique concerne un type de transaction spécifique, elle repose sur les mêmes principes que ceux que nous avons déjà évoqués : traçabilité, intégrité des échanges et conservation sécurisée. Tout client qui souscrira à la facturation électronique chez Enso verra ses factures électroniques archivées dans notre coffre-fort à valeur probatoire, afin d’en garantir la conservation, la conformité réglementaire et la valeur juridique dans le temps.

Mais la facture électronique n’est en réalité qu’un exemple de l’évolution plus globale des flux. Au-delà des factures, de nombreux documents échangés avec les entreprises utilisatrices nécessitent déjà ce niveau de sécurité : registres du personnel, documents administratifs, attestations, etc.

Notre objectif est donc de proposer une solution capable de répondre aux exigences actuelles des agences, tout en les préparant aux évolutions réglementaires qui arrivent dans les prochaines années.

 

Dans ce contexte, la sécurité et la traçabilité des échanges deviennent-elles aussi un critère pour les entreprises utilisatrices dans le choix de leur agence d’intérim ?

 

Oui, très clairement. Aujourd’hui, les entreprises utilisatrices sont de plus en plus attentives à la manière dont leurs partenaires gèrent les données et les transactions. Dans de nombreux appels d’offres, les agences doivent démontrer qu’elles utilisent des plateformes sécurisées, conformes aux normes et capables de tracer les échanges. Le choix des outils devient donc un élément de crédibilité.

Une plateforme de digitalisation n’est plus seulement un outil interne pour les agences : elle devient aussi un argument commercial. Une entreprise qui peut prouver qu’elle s’appuie sur une solution certifiée et fiable renforce naturellement la confiance de ses clients et sa capacité à répondre à des exigences de conformité de plus en plus élevées. 

La digitalisation des processus dépasse les seuls enjeux opérationnels et juridiques : c’est un formidable levier de croissance pour les entreprises.

 

Pour finir, est-ce que cette nouvelle offre repose sur un modèle économique différent ? 

 

Nous avons souhaité proposer un modèle qui apporte plus de visibilité aux agences. Dans beaucoup de solutions SaaS, la facturation peut varier fortement d’un mois à l’autre en fonction de l’usage. Cela peut rendre les budgets difficiles à anticiper.

Nous avons donc choisi un modèle basé sur un engagement au volume, contractualisé sur une durée définie.

L’avantage pour les agences est simple : elles savent exactement combien leur coûtera la solution chaque mois, ce qui facilite la gestion financière et la projection dans le temps. C’est une approche qui correspond bien aux réalités du secteur, où les agences doivent déjà gérer des investissements importants et des variations d’activité.

 


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(1) Étude de l’Observatoire Tessi de la fraude documentaire.
(2) Baromètre de la confiance des intérimaires Enso, été 2024.
(3) Communiqué de Presse – 10ème édition du baromètre annuel du CESIN (Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique).
(4) Étude de l’Observatoire Tessi de la fraude documentaire.

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